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Cours publics | Ville / Questions urbaines / Mobilités

HISTOIRE DES REPRÉSENTATIONS DES ESPACES-MONDES URBAINS

Le 30 janvier 2021 De 16:30 à 17:30
Gratuit
Hôtel 71
© Max Bender - Unsplash
© Max Bender - Unsplash

La fiction comme appareil et dispositif de la représentation. Reprise d’une réflexion entamée lors de la précédente édition de A l’école de l’Anthropocène, réfléchir à la structuration des perceptions sensibles des mondes et plus particulièrement des espaces urbains. L’imaginaire urbain est structuré, construit, architecturé, ainsi ce cours s’articule autour d’une ligne directrice : comprendre comment nos représentations de la ville sont constructions d’une manière d’être et d’occuper le monde.

Une ligne directrice qui n’engage pas simplement l’interprétation des systèmes de représentation des villes-monde, mais aussi un travail sur leurs modes de production : imagénéisation, idéologisation, etc., des termes dont il faudra reprendre le sens. Une réflexion à laquelle doit être intégrée la situation actuelle : la prétendue surprise à l’égard du confinement, les nouvelles pratiques de relation aux autres dans l’espace urbain (distanciation, périodisation des sorties, etc.) sont des indices d’un changement de registre dans les régimes de perception des sensibles urbains. Le cours de l’année dernière avait esquissé, au regard de la représentation picturale, un constat apparemment évident : les modes d’être et d’exister dans la ville sont construits sur des imaginaires de ville. Une position qu’il faut reprendre, la multiplication des images de la ville oblige à en penser la situation imaginaire : la crise sanitaire et ses prolongations dans le champ du politique s’articulent à une perception sensible imaginaire de la ville. En somme, la perception sensible des espaces urbains (des villes-mondes) s’institue dans un système par un recours à la fiction. Une fiction dont les espaces mondes instituent des formes particulières, les formes esthétiques étant un des cadres privilégiés de ces fictions représentatives de la ville. La ville apparaît ainsi comme un appareil particulier d’organisation des perceptions sensibles. Gilles Deleuze et Félix Guattari (reprenant à leur compte certaines idées de Karl August Wittfogel sur le « despotisme oriental » et de Lewis Mumford sur la ville comme « méga machine ») ont fait de la ville un système particulier : appareil de capture et de distribution des flux. Ce cours inscrira un travail dans cette compréhension de la ville comme appareil mais en insistant sur la notion d’appareil de capture, de distribution et d’agencement des perceptions. Les espaces urbains se construisent ainsi de manière spécifique articulant différents dispositifs dont l’un concerne les perceptions, leurs représentations, leurs agencements et leurs articulations.

Le cours vise donc à poser cette notion d’appareil de capture des perceptions et de leur articulation en formes représentatives. C’est ainsi déjà qu’il nous faudra comprendre la notion de fiction comme dispositif de distribution des perceptions et des imaginaires de la ville-monde.

Avec :
Kader Mokaddem
(France), professeur de philosophie et d'esthétique

langue disponible pour cette séquence : français

Vidéo du cours