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Nicolas
COUTABLE

artiste

Activités / CV

Médiateur de formation, j'ai toujours apprécié de parler des arts avec passion, la créativité des uns venant nourrir ma propre expression artistique. De l'art conceptuel au street art, en passant par la photographie et le reportage, transmettre les clés de compréhension des travaux des innombrables acteurs de la société aura été ma première formation aux pratiques artistiques.
La manière avec laquelle je traite l'image est davantage orientée vers la documentation, et j’utilise l'écriture lorsque cela m'est possible. J'articule ma vision des territoires explorés et celle des populations qui les habitent : des usines abandonnées en France, des zones portuaires en friche de l’Amérique du Sud... Un voyage sans fin pour une exploration constante, à travers lequel je me suis fixé l’objectif d’immortaliser toutes les formes de patrimoines découverts sur ma route, à l’heure où les sociétés, les cultures, la faune et la flore, s’entrecroisent, s’enrichissent ou se détruisent par les forces du temps et du mouvement.


TITRE A VENIR - photographies
« Armé » d'un appareil photo, j'explore divers territoires depuis près de dix ans et ce dans l'espoir de comprendre les mécanismes complexes, propres aux sciences, qui façonnent nos écosystèmes ; comprendre ma place, notre place, ainsi que notre impact au cœur de ces systèmes naturels mais également sociaux et économiques. Lyon aura été pour moi une importante source d'informations et d'inspiration. Ces dernières années, les Usines Fagor se sont révélées en tant que triste symbole de la mondialisation. Lorsque j'ai exploré ces murs pour la première fois, j’ai endossé le rôle d'un archéologue, partant à la recherche des traces d'une population disparue. Ces friches industrielles sont en quelques sortes les résidus d'un produit fini : les capitaux. Les entreprises transforment de la matière en richesses, déshumanisant l'individu devenu lui-même une matière première à exploiter, puis, à jeter : à Fagor, en 2015, près de 400 personnes ont perdu leur emploi, ces ouvriers, ces familles, auront été les dommages collatéraux servant les intérêts d'une économie mondiale fluctuante. Les flux, qu'ils soient de marchandises ou humains, apparaissent comme la pierre angulaire de mon travail en tant que moteur de cette économie. À Dunkerque en 2015, j'ai photographié ces navires de la CGG maintenus à quai pour désarmement. La société, également en faillite en raison d'une crise de l'offshore, exploitait les profondeurs marines à l'aide de cette flotte équipée de matériels sismiques afin « d’interpréter la présence de réservoirs d'hydrocarbures ». Ces bateaux, véritables poubelles flottantes, sont restés au port pendant quatre années. Ils ont intégré en juillet 2019 la flotte norvégienne de Shearwater & Eidesvik, ont été réarmé dans le but de sonder les fonds marins du nord de l'Europe afin d'y découvrir de nouveaux réservoirs de pétrole et de gaz. Durant l'été 2019, les forêts de Haute-Savoie ont violemment souffert du réchauffement climatique. « Avec les canicules à répétition, les sapins virent au rouge et les arbres meurent » écrivait alors Le Monde. Cette série présente et alerte sur notre système et son impact, mais interroge également sur la manière d'exploiter nos déchets : le « recyclage » des Usines Fagor en espace culturel est une réponse, à l'heure où la pollution des sols par les usines élève de nouveaux débats. Aujourd'hui, le compostage des arbres morts permet de créer des « tapis rafraîchissants » qui protègent les sols de nos forêts. Néanmoins, ces pansements ne permettront pas de combattre le véritable problème... Car il s'agit bel et bien d'un combat, et probablement le plus important de notre ère.


Crédit photo : François de Saporta